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Sa famille, ses études

Paul Marie Joachim Vivier (1848-1930)
1ère partie

 

Paul et Anne Vivier

1848 : Lorsque l’année 1848 commença avec l’ouverture de la session du parlement par le roi Louis-Philippe, tout le monde fut rassuré sur son l’état de santé qui d’après les rumeurs laissaient craindre le pire.

On était loin de se douter que 2 mois plus tard, la Révolution allait éclater et que Louis-Philippe allait devoir abdiquer.

Une période de troubles et de réformes importantes débuta.

Mais un autre évènement qui va tout particulièrement nous intéresser, se prépare à La Bastide Pradines, petit village de l’Aveyron.En effet, 1848 fut marquée, par la suppression de l’esclavage, la liberté de la presse ou l’instauration du suffrage universel pour les hommes de plus de 21 ans.

En effet, la famille Vivier est en effervescence car, en ce jour de l’an, elle doit accueillir, celui qui sera le douzième et avant dernier enfant à voir le jour dans ce foyer.

Les parents, André Bazile Vivier et Marie Louise Charlotte Héral, âgés respectivement de 42 et 41 ans, prénommeront leur enfant, Paul Marie Joachim.

Nous avons déjà évoqué dans un précédent article, ce personnage qui deviendra plus tard celui qu’on appellera communément « le docteur Paul Vivier ».

 

 

Paul et Anne Vivier
(Don famille Pierre-Velluet)

Paul Vivier et sa famille

La famille nombreuse de Paul était bien implantée à La Bastide Pradines et dans les environs, depuis plusieurs générations.

assez aisé, car ses ancêtres étaient, dès le début du XVIIIe siècle, propriétaires cultivateurs ou propriétaires fonciers.Paul est issu d’une famille catholique pratiquante ; milieu

Ses parents étaient eux aussi propriétaires fonciers d’un domaine agricole.

Son père, André Bazile, né en 1806, fut adjoint au maire, puis maire de La Bastide Pradines. Son grand-père maternel, Philippe Héral, fut avocat et maire d’un village du Tarn.

La famille de Paul était composée de 13 enfants, 6 garçons et 7 filles, nés entre 1827 et 1850.

3 frères et 1 sœur moururent en bas âge. Une sœur prit le voile et un frère devint missionnaire en Afrique de l’est et à Madagascar. (Source, Germaine Pierre, épouse Velluet petite-nièce de Paul Vivier).Ce dernier serait revenu à la vie civile à l’âge de 34 ans

On sait par ailleurs, qu’il eut lui-même, un moment, le désir de devenir ecclésiastique.

Il fit en effet, la plus grande partie de ses études au séminaire de Belmont dans l’Aveyron. Puis à Rodez. Mais il renonça à la vie monastique au moment de prononcer ses vœux.

Il garda néanmoins, des relations dans le milieu catholique ; contacts qu’il retrouvera en 1874, à Paris.

En effet, un document confirme ce propos, car il apporta sa contribution financière à la construction du Sacré-Cœur de Paris.

Un « album du vœu national-Basilique du Sacré-Cœur de Jésus-Montmartre », édité, afin de financer, par une souscription, la construction de cet édifice religieux, dédicacé par le cardinal François-Benjamin-Marie Richard à Paul Vivier, est encore en possession des descendants de la famille Vivier (Germaine Pierre, épouse Velluet, Nicole sa fille, ainsi que Marie-Jeanne Pierre que nous remercions chaleureusement pour leur belle contribution à la richesse de cet article, par l’apport de documents inédits : Photos, écrits divers, témoignages oraux).

Le docteur Vivier fut très impliqué dans l’activité de la paroisse du Châtelet-en-Brie, durant plus de 40 ans de sa vie qu’il passa dans le village.

Après avoir grandi parmi les siens à La Bastide Pradines, il partit faire son service militaire.

En 1870-1871, à l’âge de 22 ans, il participa comme simple soldat, à la campagne de 1870 contre les prussiens, dans l’armée de l’Est commandée par le général Bourbaki.

 

Paul Vivier à Paris : ses études de médecine.

Après un bref retour dans l’Aveyron, il décida, vers 1874, de s’expatrier à Paris pour y faire ses études de médecine.

Sa thèse de doctorat, « De la diarrhée tabétique », document de 62 pages, fut publiée en 1885.

(Un exemplaire de celle-ci existe encore à la BNF de Paris).

Jeune médecin, il commença à exercer à Paris et fut rapidement remarqué pour les « bons soins » qu’il prodiguait à ses patients.

 

Aquarelle Béatrice Hauchemaille
(Edition Mairie du Châtelet-en-Brie)

Nous développerons plus loin sa vie professionnelle qui fut très riche en évènements. Il fut notamment très remarqué, comme nous le verrons pour l’amitié qui le liera, durant des décennies, à Auguste Rodin, le célèbre sculpteur et à Rose Beuret, son épouse.

Le 7 novembre 1883, à l’âge de 35 ans, il épousa à Schifflange, au Grand-duché du Luxembourg, Anne Boever, née le 8 février 1859 dans cette même ville. L’épouse, de 11 ans sa cadette, était orpheline de père et de mère, au moment de son mariage. Elle avait, 2 frères, Bernard et Pierre, cabaretiers, et une sœur, Marie Catherine Boever qui épousera un certain Nicolas Pierre.

Ces derniers auront un fils, Bernard, dont nous reparlerons. Il viendra plus tard habiter au Châtelet avec toute sa famille, chez le docteur Vivier.

Ce dernier s’installa durant 1 ou 2 ans à Chalo-Saint-Mars, dans l’Essonne, près d’Etampes où il se fit une belle patientèle.

Mais très vite, il vint avec son épouse, s’établir définitivement au Châtelet-en-Brie, vers 1887-1888. Il y restera jusqu’à sa mort, en février 1930.

 

Paul Vivier au Châtelet :

Après avoir vécu durant 2 ans dans une maison qu’il acheta à la famille Lamiral, au bout de la ruelle Saint-Nicolas, dans le centre du Châtelet, il acquit, en février 1889, une partie de l’ancien relais de poste aux chevaux dont l’activité cessa en 1852.

C’est monsieur Bourguignon, rentier qui en était le propriétaire au moment où il le vendit au docteur Vivier qui le transforma en une belle maison bourgeoise que l’on peut voir encore aujourd’hui au No 3 de la rue du 26 Août 1944, près de la gendarmerie, sur la D605.

Il y fit de nombreux aménagements. Cette bâtisse ne comprenait, en 1925, au moins de 18 pièces, réparties en 2 logements.

1925, fut aussi l’époque à laquelle P. Vivier prit sa retraite et l’un des logements fut destiné aux activités des médecins qui succédèrent à P. Vivier jusqu’en 1945.

A l’extérieur, un terrain de 5000 m2 se composait d’un potager et d’un verger, ainsi que d’un jardin d’agrément. Une serre chauffée venait compléter l’ensemble.

Fruits et légumes étaient très appréciés de certains châtelains et par le couple Rodin, quand il lui arrivait de se transporter jusqu’au Châtelet. Un jardinier et sa famille étaient logés sur place.

 

Couple Vivier, (1er r à g) Bernard Pierre et Mme (Mariés)
(Collection famille Pierre-Velluet)

Le couple Vivier et sa famille au châtelet :

Le docteur et sa femme n’avaient pas d’enfants. Mais ils avaient de la famille dans la région.

Un neveu par alliance, Bernard Pierre, dont nous avons évoqué le nom ci-dessus, né en 1880, était ébéniste d’art à Paris.

Lui et son épouse, Anne-Marie Werner venaient fréquemment se ressourcer au Châtelet, dès qu’ils avaient des vacances.

Le 14 juin 1914, naquit leur premier enfant, nommé Paul. Madame Pierre était venue mettre au monde son enfant, chez le docteur. C’est lui qui l’accoucha. Notons pour la petite histoire, que les 2 témoins qui vinrent déclarer Paul à la mairie n’étaient autres, que Paul Vivier et Auguste Rodin qui se trouvait au Châtelet ce jour-là.

En 1916-1917, la guerre battait son plein. Les allemands bombardaient Paris et ses environs. Ils provoquèrent l’exode d’une partie de la population. M et Mme Vivier proposèrent à Bernard Pierre d’accueillir son fils chez eux afin de le protéger. Cette proposition fut acceptée.

C’est ainsi que le petit neveu, Paul Pierre, vécut toute son enfance au Châtelet-en-Brie. Quant à sa sœur, Germaine Pierre épouse Velluet, qui vint au monde en 1921, elle rejoignit avec sa mère, son frère et son grand-oncle au Châtelet, en 1925, au décès d’Anne Vivier. Les 2 enfants furent scolarisés à l’école primaire. C’est le docteur qui les accompagnait ou allait les rechercher à l’école quotidiennement. Germaine Pierre peut encore témoigner aujourd’hui des bons moments vécus là, durant son enfance. Elle quittera le village après son mariage, en 1945.

Le 8 août 1927, par devant Maître Bracquemond, notaire au Châtelet, Bernard Pierre et son épouse Anne-Marie Werner, achetèrent la maison du docteur en viager. Ils l’acquirent définitivement à la mort du médecin en 1930.

Le docteur et Anne Vivier, leur implication dans la vie de la paroisse :

Don d’Anne Vivier (1894)
et de Paul Vivier (1900).
(Collection SHCB)

Comme nous l’avons déjà dit, Paul Vivier et son épouse avaient la foi. En témoignent, 2 exemples de leur engagement dans le village.

En effet, ils firent don de 2 magnifiques vitraux pour l’église du Châtelet. Ils se trouvent dans la chapelle de la vierge. L’un fut offert par Anne Vivier en 1894 : La sainte Famille, vierge assise et sainte Anne. Le second par Paul Vivier en 1900 : La vierge à l’enfant.

Il est bon de préciser que le Conseil de Fabrique était chargé de gérer les comptes de l’église.D’autre part, en 1905, au moment où fut promulguée la loi sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat, le docteur Vivier était président de la Fabrique. Il occupa cette fonction durant plusieurs années.

Chaque paroisse se devait d’avoir un conseil de gérance. Cette loi, fut l’occasion pour l’Etat de dresser un inventaire des biens de l’église.

 

 


Bannière offerte par P.Vivier.
(Patrimoine communal).

4 témoins furent nommés pour accompagner l’inspecteur des Domaines, M. Ralle, afin d’effectuer ledit inventaire, un instituteur à la retraite, un maître d’hôtel du Châtelet, Paul Vivier et le curé de la paroisse, Albert Bled. Ces 2 derniers, s’étant récusés, exprimèrent leur refus et leur protestation. Le docteur Vivier notamment, s’éleva contre cet inventaire qu’il considérait comme « une violation flagrante de la propriété ». Cependant, ces 2 réfractaires apposeront tout de même leur signature au bas de cet inventaire.

Il offrit à cette occasion une superbe bannière aujourd’hui restaurée.Le docteur Vivier fut aussi président de la fanfare du Châtelet, au cours des années 1920.

Vous pouvez encore l’admirer à certaines périodes, très courtes, au cours desquelles nous sommes autorisés à l’exposer à la lumière…

 

 

 

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