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Modifiée le 11 février 2021

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L’occupation allemande et le système D

Pendant l’exode, j’avais une copine, une fille Samson qui a été tuée dans le Cher. Son père était épicier et faisait ses tournées dans le village et alentours, avec son âne.

Lors de l’Occupation allemande, les restrictions et les privations étaient quotidiennes. Papa cultivait dans son jardin, des pommes de terre et des haricots qu’il mettait en conserve ; il élevait des lapins et engraissait un cochon. Il tannait aussi les peaux de lapins qui servaient à faire des vêtements qui nous tenaient chaud ; les enfants se moquaient de nous. Mais le ridicule ne tue pas.

Il fabriquait aussi du savon et faisait de la farine.

Il y avait un seul gros poêle dans la maison et une cuisinière. Mon père, l’hiver, avait droit à un poêle à l’étage, à cause de ses grosses bronchites chroniques.

Il était soigné par le docteur N’Guyen qui habitait sur la nationale près de la gendarmerie. Maman allait dans les fermes avec son vélo, bien qu’elle ne soit pas très sportive. Elle implorait les fermiers pour avoir du lait et du blé qu’elle ramenait sur son « 2 roues ». Ils étaient peu généreux en général, même si mon père les payait. Il y avait aussi un fermier au-dessus de chez nous, la famille Liétard, qui fabriquait des petits fromages en forme de cœurs. Malgré tout, nous n’avons pas trop manqué.

J’étais copine avec Bernadette Charpentier. Elle épousa plus tard, Georges Poisson qui avait un frère Michel, cardiologue.

André Mary

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