La Société d'Histoire du Châtelet-en-Brie

Histoire de Saveteux : l’Ancien Régime

Saveteux, l’un des 2 hameaux du Châtelet-en-Brie est situé sur la route de Blandy les tours près de l’autoroute A5.

Même si le mot  saveteux peut désigner une zone instable, boueuse, sablonneuse, difficile à traverser, il semble que le lieu soit apprécié car 3 puissances régionales  y ont une ferme en 1670.

1) La ferme de la grande cour ou ferme de Saveteux

Le 10 mai 1550, les Dames de Poissy acquièrent pour 1777 livres tournois et 8 deniers auprès de Jean et Charles Desmarquet des terres labourables et des prés situés à Saveteux sur le terroir de Champeaux. Le même jour elles acquièrent également de Jean et Claude Desmarquet pour 3780 livres et 5 sols une maison, une grange, deux étables, une cour à Saveteux. Il y a également des terres et prés  ainsi qu’une redevance  en rentes pour des terres voisines  

L’Abbaye Royale de Poissy, qui possède la seigneurie du Châtelet-en-Brie reste propriétaire de la ferme jusqu’en 1791 où elle sera vendue au titre des biens nationaux

2) La ferme des Mesnils

Elle appartient à la seigneurie du château de Blandy.

Possession de la duchesse Marie d’Orléans Longueville décédée le 16 juin 1707, elle est vendue à Claude Louis Hector de Villars le 03/07/1707.

 

Marie d'Orléans dite Marie de Nemours
Marie d’Orléans dite Marie de Nemours

 

Marie d’Orléans dite Marie de Nemours, née le 5 mars 1625 et morte le 16 juin 1707. Elle est la fille d’Henri II d’Orléans-Longueville et de Louise de Bourbon-Condé. Élevée dans l’esprit de Port-Royal, elle connaît très tôt les luttes de la Fronde et s’éloigne de la cour. En 1657, elle épouse son cousin Henri II de Savoie, duc de Nemours, dont elle devient veuve deux ans plus tard. Héritière d’un vaste ensemble de titres prestigieux (Saint-Pol, Estouteville, Tancarville, Dunois, Coulommiers), elle vend ou transmet progressivement la plupart de ses possessions françaises au début du XVIIIᵉ siècle.

Elle devient en 1694 la dernière princesse héréditaire de Neuchâtel. Malgré les pressions de Louis XIV, qui l’exile à Coulommiers en 1700, elle conserve ses droits et revient en 1704. Installée à Valangin en 1707, elle meurt la même année, laissant l’image d’une princesse énergique et attachée à l’indépendance de Neuchâtel face à la France.

 

Claude Louis Hector de Villars

Claude Louis Hector de Villars né le 8

Claude Louis Hector de Villars  né le 8 mai 1653 à Moulins  et mort le 17 juin 1734 à Turin  Maréchal de France (1702), duc (1705) et pair de France (1709), président du Conseil de la guerre (1715-1718), il est élevé en 1733 à la dignité de maréchal général des camps et armées du roi.

Issu d’une noblesse récente, il est le fils d’un lieutenant général et ambassadeur, Pierre de Villars. il se distingue dès les campagnes de Hollande (sièges, passage du Rhin). Sa carrière militaire est jalonnée de coups d’éclat et d’audace : commandements en Flandre, à Maastricht, puis régiment de cavalerie à son nom.

Diplomate aussi, il est envoyé en Espagne, en Bavière et à Vienne avant la guerre de Succession d’Espagne. Lieutenant général en 1693, il commande la cavalerie sur plusieurs fronts. En 1704, il négocie la fin de la révolte des Camisards.

Le maréchal de Villars a fait construire le château de Larochemillay. Il acquiert également la vicomté de Melun en partie et le château de Vaux-le-Vicomte  afin de légitimer son nouveau rang (siège de son duché de Villars, 1705). En 1710, il devient également propriétaire de l’hôtel de Navailles, dans le faubourg Saint-Germain, qu’il fait agrandir.

3) La ferme de St James

Nicolas Fouquet l’a intégrée au domaine de Vaux le Vicomte

 

Nicolas Fouquet ou Foucquet

Nicolas Fouquet ou Foucquet, né à Paris le 27 janvier 1615, mort à Pignerol le 3 avril 1680, vicomte de Melun et de Vaux, marquis de Belle-Isle était un homme d’État français. Issu d’une riche famille de magistrats angevins, protecteur de Mazarin, il devient procureur général au Parlement de Paris puis surintendant des finances en 1653, cumulant affaires d’État et placements personnels. Il se constitue ainsi une fortune considérable et achète de vastes domaines, notamment Belle-Île et la terre de Vaux où il fait édifier le somptueux château de Vaux-le-Vicomte, symbole de son mécénat (Molière, La Fontaine, Le Brun, Le Nôtre…).

Après avoir offert une réception somptueuse au roi Louis XIV au château de Vaux le Vicomte le 7/08/1661 il est arrêté le 5 septembre de la même année pour malversations Son train de vie fastueux et son réseau d’influence inquiètent Louis XIV et attisent l’hostilité de Colbert. Accusé de détournement de fonds publics et soupçonné de velléités de rébellion, il est jugé par une chambre de justice d’exception .Son procès dure 3 ans. Condamné à la confiscation de ses biens et au bannissement, il voit sa peine transformée par le roi en détention à vie à la forteresse de Pignerol, où il meurt en 1680. Devenu figure romanesque, Fouquet reste célèbre pour son destin spectaculaire et son rôle de grand mécène sous Louis XIV.

Sa seconde femme Marie Madeleine de Castille après 2 exils revient au château de Vaux-le-Vicomte en 1673. Elle négocie la dette que son mari a contracté pour la construction de Vaux- le-Vicomte par Michel Villedo

(C’est Antoine Bergeron le successeur de Michel Villedo et second époux de sa sœur Marguerite Villedo qui négocie la dette car Michel Villedo décède en 1667)

Cette dette s’élève à 49171 livres. Elle sera payée de la façon suivante : 38 000 livres en espèces + une seigneurie à Bouy dans l’Yonne + une ferme + un bois et 6 vaches.

La ferme est celle de Saint James de Saveteux (on la retrouve dans la succession suite au décès d’Antoine Bergeron en 1681 et  de sa femme en 1692).

Marie Madeleine de Castille

Marie-Madeleine de Castille est née en 1635, à Paris dans l’hôtel de Castille, et morte le 12 décembre 1716 à Paris dans sa maison à côté de l’église Notre-Dame du Val-de-Grâce .Issue d’une famille de marchands anoblis, est la fille de François de Castille, haut fonctionnaire du royaume. En 1651, à quinze ans, elle épouse Nicolas Fouquet, alors procureur général, et lui apporte dot, héritages et un réseau influent. Brune et réputée très belle, elle sert de modèle à des artistes et tient un salon littéraire fréquenté par Corneille, La Fontaine, Molière, Mazarin et la cour.

 Après la chute de Fouquet, elle est exilée, ses biens sont saisis et ses enfants lui sont retirés ; elle plaide sans relâche sa cause et imprime même clandestinement ses défenses.

Elle vit ensuite de longues années d’exil et de difficultés financières, vendant des biens pour éponger les dettes. Elle ne retrouve son mari qu’en 1679 à Pignerol et reste avec lui jusqu’à sa mort en 1680.

Veuve, elle se bat pour récupérer une partie de son patrimoine et gère les domaines familiaux, dont Vaux-le-Vicomte, qu’elle finit par vendre en 1705. Elle meurt à Paris en 1716, dans la piété et la retraite, et est inhumée auprès de son mari.

Après le décès de son fils Louis Nicolas Fouquet en 1705 elle vendra Vaux le Vicomte à Claude Louis Hector de Villars

Michel Villedo né en 1598 à Pionnat en Creuse et décédé à Paris le 9 décembre 1667.

Michel Villedo originaire de Pionnat en Creuse, arrive très jeune à Paris où il débute comme simple aide-maçon. Il gravit tous les échelons jusqu’à devenir maître général des œuvres de maçonnerie, ponts et chaussées de France, puis conseiller et architecte des bâtiments du roi sous Louis XIV.

Installé dans le Marais, il épouse en 1621 Marguerite Hanicle dont il aura treize enfants ; plusieurs fils reprennent ses charges et ses filles contractent des alliances avec des familles influentes, ce qui contribue à asseoir la dynastie Villedo dans les métiers du bâtiment royal.

Entrepreneur et promoteur, il construit ou dirige de nombreux chantiers : château de Baville, églises de la Visitation-Sainte-Marie et Sainte-Élisabeth à Paris, hôtels particuliers (Montrésor, Aumont, Bautru…), château de Mesnil-Voisin, et surtout Vaux-le-Vicomte avec Louis Le Vau. Il trace aussi des rues, notamment la rue Villedo qui existe encore.

Son rôle auprès de jeunes architectes comme Louis Le Vau est décisif : il leur offre leurs premiers chantiers importants. Il conçoit aussi des projets d’aménagements urbains, tel un canal contre les crues de la Seine (non réalisé).

Mort à Paris le 9 décembre 1667, Michel Villedo incarne l’ascension d’un maître maçon limousin devenu grand entrepreneur du roi et promoteur urbain.

 

Antoine Bergeron est fils de laboureurs de la Creuse. Il a trois frères  et deux sœurs.

Un contrat de mariage est signé le 25/11/1644 (rue Neuve Saint-Louis, chez l’architecte Michel VILLEDO) avec Marguerite VILLEDO (veuve de Jean TARADON, maçon)

Il est devenu maître maçon le 9/3/1650.Le 28 avril 1660, il acquiert l’office de conseiller du Roi, maître général des œuvres du pavé des Bâtiments du Roi, ponts et chaussées de France, pour 21 000 livres. En 1668, il devient seigneur des Forgettes.

Antoine BERGERON travaille sur de nombreux chantiers : à Vaux-le-Vicomte de 1656 à 1661 (contrat de maçonnerie et charpenterie du château signé le 10/8/1656, en présence de Louis LE VAU) et surtout à Versailles (engagement signé le 14 mars 1662, travaux tous les ans jusque vers 1679, notamment au bassin du Dragon 1662-1664, à la Ménagerie 1664, aux avenues, aux bassins 1666, aux grands perrons, au Pavillon du Roi 1667, au Grand Canal 1668 et 1672, au Trianon 1670 et s., à la clôture du parc 1662…). A partir de 1679, son neveu Pierre II le remplace sur les différents chantiers

Il décède le 8 septembre 1681 après une maladie de 7 semaines, dans sa maison de la rue Neuve-des-Petits-Champs, à Paris.

On reparlera de la ferme de st James lors des ventes de biens  nationaux en 1791.

La proximité de Paris et les sols fertiles de la Brie permettent le développement de grandes fermes isolées appartenant à de grands propriétaires terriens tels que les nobles, les seigneurs ou les institutions religieuses.

Saveteux en ai l’exemple typique : 3 fermes propriétés d’un noble (Fouquet), d’un seigneur (la duchesse Marie d’Orléans Longueville) et d’une institution religieuse (l’Abbaye Royale de Poissy). 

 

Étienne Ferrand et Françoise Fallet

INFORMATION

La SHCB77 sera présente au salon du livre de

Valence-en-Brie

le 28 et le 29 mars 2026 de 10 h 00 à 18 h 00