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Sa famille

La ferme de la Ferlandière et Etienne Pasquier
un érudit du XVIe siècle (1529-1615)

 

4 – Etienne Pasquier à la Ferlandière et avec sa famille

 

Ferme de la Ferlandière aujourd’hui
(Collection SHCB)

Il aimait beaucoup venir se reposer au Châtelet, pendant les vacations du Palais.

Loin des préoccupations judiciaires ou politiques il se ressourçait durant les vendanges, car les terres de la ferme de la Ferlandière étaient à cette époque, plantées de vignes.

Ce vignoble semblait avoir quelque renommée et l’avocat général appréciait « ce produit vineux ».

 

Plan cadastral napoléonien (AD cote 4P/36/376)

 

 

 

 

Mais c’est à sa femme qu’il laissait le soin de s’occuper de cette demeure et de la récolte.

Tâche dont elle semblait bien s’acquitter. Lui, se contentait de faire « ses vendanges…confiné dans sa chambre… », si l’on en croit une lettre qu’il adressait à l’un de ses voisins, monsieur Dreux de Sayve, seigneur du Pré, paroisse de Chartrettes, président au siège présidial de Melun.

 

 

« Ne pensez pas que je sois à moy, je suis voué à mes vendanges, mais non telles que les communes dont je délaisse le mesnagement à ma femme.

Depuis que je suis arrivé en ma maison du Chastelet, je me suis confiné en ma chambre avec contentement plus grand que la cueillette que je fais que la pleine vinée que je voye estre en ce païs.

C‘est pourquoy vous aurez grande juridiction sur moy, si vous m’en pouvez distraire.

Toutesfois, estant dans votre ressort, je serois un vray contumax, si je ne comparaissois à l’assignation que me donnez en votre maison du Pré. Moy-mesme, sans sommation délibérois de me trouver. Mais vous recevrez, s’il vous plaist, pour ce jourd’hui, mon exoine , puisque voulez avoir mary, femme et enfans tout ensemble. Ma femme n’a encore faict qu’une moitié de son mesnage ; ses vins et cuves, sur le point d’estre pressurez, les miens cuvent dans ma teste ; je crains seulement que je nee m’ennyvre, tant est le plaisir doux que je prends à nourrir icy mes pensees, dont je feray plus amplement part à nostre premiere veue.
A dieu. »

En 1558, un empoisonnement avec des champignons, alors qu’il revenait du « Chastelet » en compagnie de sa femme, faillit lui coûter la vie et l’obligea à rester éloigné du Palais durant 2 ans.

Il raconta à M. Louys de Saincte Marthe, lieutenant général du Roy, cet épisode douloureux dans une de ses lettres qui commençait ainsi : « Sur la fin de 58 revenant avec ma femme de nos vendanges de la Brie nous visitasmes le Sieur d’Arminvilliers qui nous bienveigna de toutes sortes de courtoisies…trouvant un petit bois pavé de champignons, ce fut à qui mieux mieux en mangerait…de cette débauche de gueule, le malheur tomba particulièrement sur moy : 3 jours après, je fus assailly d’une forte fièvre… ».

Durant cette période, il partagea son temps entre les différentes visites de ses propriétés du Chastelet, d’Argenteuil et de Cognac et en profita pour écrire son premier livre auquel son nom reste attaché, la « Recherche de la France » qui sera remanié à maintes reprises jusqu’à la fin de sa vie.

On peut aussi apprécier, la convivialité qui l’anima toute sa vie et la qualité des réceptions que l’on organisait à la Ferlandière au moment des vendanges.

Ainsi, ayant invité monsieur Dreux de Sayve, Etienne Pasquier lui adressa un courrier lui donnant le détail du festin qui l’attend bientôt chez lui, et auquel il le convie à participer en compagnie de beau monde.

Il l’indique en ces termes à son voisin : « Je vous advise que vous me trouverez tout prest, lundy prochain au village du Chastelet, où j’auray pour mes confidents les seigneurs de Bobigny et de Valence qui deliberent résolument en cette querelle. Advisez de ne faillir à vous y trouver et d’amener qui vous plaira à vostre ayde. Le pas [de la porte] sera ouvert à tous. … il y aura grand abattis , mais c’est des perdreaux, levrauts, lapereaux, coqs d’inde, chapons, pigeons et poulets, dont la table sera jonchée ».